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Cours du 7 mars

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MessageSujet: Cours du 7 mars Dim 18 Mar - 21:37

Agir dans le monde

La figure du héros (André MALRAUX)
On rencontre avec Malraux des figures du héros, on ne se fait plus d’illusions sur ce qu’est l’Homme (cf. L‘Espoir, collection Folio et Foliothèque pour l’analyse). Malraux a joué un grand rôle politique, ministre de la Culture sous De Gaulle, tout au long de son existence, il connaît le Moyen-Orient, l’Extrême-Orient, l’Inde... Il entre en dialogue avec les grands des pays qu’il a visité. Il prend le parti des Républicains espagnols contre les franquistes pendant la guerre de 1936 et celui de la Résistance en 1940. Il a écrit de nombreux romans, des essais sur l’art (qu’il appelle « anti-mémoires ») et les civilisations... Il a l’art des formules.
L’Espoir est facile, voire agréable à lire, il paraît en 1937 et a pour sujet la guerre d’Espagne, ce livre donner a lieu à un film. Ce qui est frappant dans ce roman (entre autres) est la dimension épique donnée au récit par Malraux : l’épopée, dans l’Antiquité, est consacrée à l’aventure noble d’un héros, souvent un demi-dieu, écrite dans un style élevé ; lorsque Malraux narre les faits, il les fixe dans l’action, les isole, et donne l’impression que la narration s’arrête pour laisser place à une sorte de tableau grandiose mettant en valeur une scène, celle de la lutte des Hommes. Pour faire valoir la grandeur de leur action, la scène est montrée, présentée et coïncide avec le temps de l’action, on suit véritablement la scène dont le style est réaliste, vif, abrupte.
En passant par le regard du personnage, Malraux met l’accent sur le point de vue et sur l’admiration. Il y a de nombreuses situations où l’Homme lutte contre l’ennemi moderne, les « chars », les « mitrailleuses », les « flammes d’un lance-flammes », des puissances inhumaines en somme. L’homme se hisse donc au-dessus de lui-même, se transcende, s’affirme dans l’action et donne une certaine idée de sa grandeur. Le héros est exemplaire, la dimension collective prend une grande importance, un barrage est établi entre le bien et le mal : le héros est représentatif de l’Homme luttant contre l’inhumanité et la barbarie. Cette peinture donne lieu à des passages lyriques, l’Homme affirme sa grandeur face à l’absurde. Les valeurs humaines sont donc exaltées, notamment la fraternité et la justice, qui guident leurs actions.
Le XXème siècle ne se fait plus d’illusions naïves sur l’humanité, les personnages dialoguent et expriment leurs points de vue différents, les ambiguités, le personnage est don contraint à ne pas toujours agir comme il le souhaiterait. De nombreuses discussions sur la question de l’engagement sont menées ; la mythologie de la Révolution de 1789 est dissociée de la nécessité de l’action efficace (la guerre est représentée avec ses nécessités pratiques : exécuter quelqu’un est injuste, mais peut-être indispensable au nom de l’efficacité immédiate, ce qui montre un grand pragmatisme). L’exigence morale ne coïncide pas toujours avec les nécessités de l’action : au fur et à mesure de l’action, les concessions se multiplient, les personnages sont envahis par une sorte de découragement provoqué également par l’ambiguité du parti soutenu.
Malraux relativise donc la figure du héros, qui tend vers la défense de valeurs humaines. Cette conception n’est pas idéaliste, mais réaliste (certains de ses romans critiquent même l’idéalisme). Si l’épopée nous met face à un type de figure héroïque bien défini, ici, l’individu ne peut oublier qu’il se situe dans une action collective. Le mouvement, la composition du livre montre au lecteur comment évoluer, comment passer de l’ « illusion lyrique » (l’héroïsme individuel) à « organiser l’apocalypse » (il faut pour cela renoncer à l’action individuelle) pour arriver à l’ « espoir final », à une lutte qui permettra de réaffirmer les valeurs humaines : l’optimisme est donc mesuré. Chez Malraux, on a donc une lutte esthétique du roman à thèse. Cette réflexion est très nuancée, pas du tout monolithique : il y a une recherche d’un style efficace, une rhétorique de la persuasion. Il faut affirmer la résistance de l’Homme face au tragique de sa position : ce thème est emblématique de l’Entre-deux-Guerres. La lutte conte l’absurde est primordiale. Pour lui, tous les arts dialoguent entre eux.

La littérature « engagée » (Albert CAMUS et Jean-Paul SARTRE)
Pour Sartre, la littérature doit être engagée : pour lui, la elle n’a rien à voir avec les autres arts, les mots peuvent dire les choses, et les dire clairement. Il exclut la poésie de la littérature engagée, peu apte pour lui à véhiculer un message clair car trop polysémique. La littérature engagée réside donc dans la prose, il appartient donc à l’écrivain de s’engager pour faire avancer la situation de l’Homme dans le monde. La responsabilité de l’écrivain est de dévoiler aux autres Hommes leurs responsabilités, ce premier a donc pour devoir d’exercer sa liberté : l’Homme doit se confronter à l’absurdité, au monde, à l’injustice… Sartre est très engagé à gauche, il est proche du parti communiste, anticapitaliste.
Camus, lui, a été très attaqué sur la nature de son engagement (ce qui a provoqué une politique accrue), il a toujours oscillé entre la tentation de l’indifférence (due à la beauté du monde et à son harmonie, et à l’absurdité du monde, la fragilité de l’Homme – cf. Mythe de Sisyphe) et l’urgence de l’action : il est très fermement engagé contre le fascisme (il adhère au Parti Communiste vers 1936 malgré de nombreux désaccords), il s’agit de se révolter quelque soit le résultat, la justice ne peut être bafouée au nom du bonheur futur de l’humanité, de l’efficacité d’une cause. Camus défend la solidarité entre les Hommes, c’est pour cela que la Révolution ne peut utiliser tous les moyens pour arriver à sa fin. Les valeurs deviennent des produits de l’histoire, et l’Homme ne peut donc pas agir (il s’oppose à Sartre sur ce point).
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MessageSujet: Re: Cours du 7 mars Mar 20 Mar - 19:11

Waw, à peine arrivée tu postes déjà plein de trucs, c'est cool ça, merci!
D'autant plus que ça peut être intéressant de croiser nos cours pour ce CM vu qu'il est assez dur à suivre.
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MessageSujet: Re: Cours du 7 mars Mer 21 Mar - 9:17

ouais, y a bien moyen =) je vote pour Smile
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MessageSujet: Re: Cours du 7 mars

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